Servier, Aristide-Camille

Né le 13 novembre 1797

Mort en c. avril 1871

De Servier, on ne connaît pas grand-chose, seulement une lettre de lui, alignant ses titres pour une candidature spontanée au poste de Lebaillif-Mesnager en 1859 :

« Ancien élève de l’École polytechnique, Lieutenant-colonel d’État-Major récemment admis à la retraite, je suis depuis une 15ne d’années, calculateur adjoint de la CDT. La retraite de M. Lebaillif-Mesnager laisse vacante une place de calculateur ». A. Servier, 1 rue fontaine St Georges1.

Cette mention permet de le retrouver dans les Archives de l’École : Aristide-Camille Servier, issu de la promotion 1817, est né à Paris le 13 novembre 1797. Le 27 mars 1825, il est témoin des actes du décès de l’écrivain et philologue Antoine Fabre d’Olivet ; il est alors âgé de 28 ans et est Lieutenant ingénieur-géographe (demeurant au n°6 rue de l’Oratoire à Paris). Il a été admis dans le corps des ingénieurs-géographes en 1820 et est dans le même grade que Charles-Louis Largeteau admis en 1817. Il est promu capitaine d’État-major le 21 février 1831 puis Chef d’escadron d’État-major le 20 décembre 1848, attaché au dépôt de la Guerre, chargé du service de la gravure2. Il a été nommé pour la Légion d’honneur en avril 1835 mais non décoré. Il a effectué des travaux topographiques et géodésiques pour la carte de Grèce notamment ; il a été décoré pour cela de l’Ordre Grec du Sauveur (18 février 1853).

Comme on peut en juger, le monde est petit ; Servier a donc été coopté. Précédemment auxiliaire depuis janvier 1844 (il a remplacé Montalant), il est accepté comme calculateur-adjoint au Bureau le 28 février 1854 (à 2000 francs), puis titularisé le 28 février 1859 (payé 3500 francs) après son départ à la retraite de l’Armée :

« […] il est parfaitement au courant de ce travail et le Bureau a toujours reconnu son zèle et sa capacité. Aujourd’hui qu’il peut consacrer à ce travail tout son temps, le Bureau [à l’unanimité] a pensé qu’il ne pouvait mieux faire que de lui confier les calculs que faisait Mr. Mesnager et qui vont même se trouver un peu augmentés par suite du développement que doit recevoir la Connaissance des temps et du changement des tables astronomiques d’après lesquelles ces calculs devront être faits maintenant. »3

Il sera titulaire du Bureau jusqu’en avril 1871, date de son décès. On voit que si le réseau de l’École polytechnique a fonctionné pour les membres titulaires du Bureau dans la première moitié du XIXe siècle, il a aussi alimenté le réservoir des calculateurs auxiliaires, puisque Montalant et Servier sont tous deux issus de l’X, du corps des ingénieurs-géographes.

 

 

Aristide Servier est décédé dans les premiers jours d’avril à Lons-le-Saulnier : « Mr. Le colonel Servier est mort …. après une longue carrière d’utiles travaux parcourue avec un zèle qui s’est soutenu jusqu’au bout »4.

 

1. Lettre de Servier au BDL, Paris, 30 janvier 1859 (BOP, Ms 112/6).

2. AN F17.23129, Personnel du Bureau des longitudes. Dossier Servier.

3. AN, F17.23129, lettre du Président du BDL au Ministre de l’Instruction publique, Paris, le 18 février 1859.

4. AN, F17.23129, lettre de A. Yvon-Villarceau au Ministre de l’Instruction publique, Paris, le 28 mai 1871.

Citation du texte: Guy Boistel, “Servier, Aristide-Camille,” La connaissance des temps, consulté le 27 octobre 2020, https://cdt.imcce.fr/items/show/975.